Diagnostic participatif en santé au sein de la commune de Camopi – ADER

Les axes d’action prioritaire seront suivis de près par les organismes, institutions et acteurs pertinents, mais cette fois nous l’espérons dans une réelle dynamique de co-construction, avec les habitants.

ADERDu 28 janvier au 29 mai 2015, l’association ADER (Actions pour le Développement, l’Education et la Recherche), membre du Pôle Régional de Compétences de Guyane, a réalisé un diagnostic participatif en santé au sein de la commune de Camopi, sur le Haut Oyapock.

Ce diagnostic émerge d’une volonté régionale et nationale d’identifier et de promouvoir des solutions aux signes de mal-être au sein de la commune de Camopi, commune isolée et majoritairement habitée par une population amérindienne Wayampi et Teko. Ce mal-être semble notamment s’exprimer par un nombre de suicides et de tentatives de suicide particulièrement élevé.

L’objectif de ce diagnostic était donc d’identifier, avec la participation des habitants et des acteurs clés, les déterminants du bien-être et du mal-être sur ce territoire. Plusieurs méthodes ont été employées pour susciter la participation des habitants, mais celle qui a peut-être suscité le plus d’intérêt de la part des jeunes particulièrement, fut la photographie participative.

Camopi(2)Ainsi, des groupes de jeunes femmes et jeunes hommes ont pris des photos d’éléments de leur environnement qui généraient des sentiments de bien-être et de mal-être. Ils ont ensuite développé un texte qui explique plus en profondeur ce que représentent ces photos. Ce travail a permis de révéler l’importance que revêt l’environnement, la famille, les activités traditionnelles, l’espace de vie villageois, mais aussi les nouvelles technologies de communication, les activités sportives et culturelles, les moyens de transport ou encore les fêtes pour promouvoir le bien-être. Ceci souligne l’importance de prendre en compte toutes ces dimensions du bien-être lors de tout lancement d’initiative sur ce territoire.Camopi(6)

Les habitants et les acteurs impliqués ont également identifié quelques axes prioritaires sur lesquels il était important d’agir vite pour enclencher un processus de mieux-être sur la commune de Camopi : le système éducatif, la consommation d’alcool, la coordination avec les autorités locales et régionales pour une meilleure gestion de l’espace public et de la pollution de l’environnement. Ces axes d’action prioritaire seront suivis de près par les organismes, institutions et acteurs pertinents, mais cette fois nous l’espérons dans une réelle dynamique de co-construction, avec les habitants. En effet peut-être l’une des caractéristiques fortes de ce territoire est le manque de coordination des actions.Camopi(5)

La création de la ‘Cellule pour le mieux-être des populations de l’intérieur’ (voir en fin d’article)  devrait permettre peu à peu de fédérer les actions, avec la participation des habitants, pour sur le long terme tenter d’endiguer les comportements suicidaires dans ces territoires (Liens presse : https://www.youtube.com/watch?v=TR75R3k0foU)

Ce travail n’aurait pu être mené à bien sans l’aide de jeunes médiateurs de Camopi, Nina Pinto-Tavares, Luc Yamann, Corinne Jean-Baptiste et Edward Jean-Baptiste, que je remercie chaleureusement.

Article rédigé par Céline Tschirhart
Association ADER
Responsable du diagnostic participatif de santé, commune de Camopi
Tel: 06 94 49 15 16
Email: adercamopi@gmail.com

La "cellule régionale pour le mieux-être des populations de l'intérieur" a été dévoilée par le préfet le 17 mai. Pour Eric Spitz, cette cellule "aura à collecter les données [sur les tentatives de suicides], à les traiter, à les analyser".  Sa deuxième mission "sera d'accompagner et de renforcer les actions des associations", en soutenant les demandes de financement auprès des institutions, administrations et collectivités.