FOCUS sur la mission Santé des peuples autochtones 2014, coopération Guyane française – Québec

"Ca, c'est notre challenge, créer des services sociaux et de santé en s'inspirant des centres d'amitié autochtones québécois. Pour moi, c'est un espoir et je pense qu'on va le faire." Alain Mindjouk (ACAG)

141127_5h6ql_autochtones-guyane_sn635Alain Mindjouk, président de l’Alliance Collective des Amérindiens de Guyane (ACAG) et Aikumale Alemin, aide-soignant au CDPS d’Antecum Pata, sont rentrés satisfaits de leur mission au Québec. Arrivés à Montréal le 23 novembre, ils ont pendant deux semaines visité les communautés de Lac Simon et de Kitcisakik afin de découvrir les pratiques mises en place dans la région pour améliorer l’accès aux services sociaux et de santé des peuples autochtones. Après la venue en Guyane de représentants québécois en 2013, cette troisième mission au Québec, financée par l’ARS, s’inscrit dans le cadre de la coopération franco-québécoise qui existe depuis 2012 avec notre département.

Le Québec et la Guyane française, bien qu’évoluant dans des contextes différents, doivent faire face aux mêmes problématiques concernant les populations autochtones. Au niveau mondial et au Québec, de profondes inégalités sociales et sanitaires existent entre populations autochtones et non-autochtones, mais elles existent aussi entre les communautés autochtones. Celles qui ont pu se réapproprier leurs territoires, leurs ressources et leurs infrastructures sociales et culturelles semblent en meilleure santé. La préservation de leur culture et de l’usage de leurs langues traditionnelles, alliée à une plus grande autonomie, permettrait de mieux s’adapter et d’agir sur le développement local économique, le chômage et la pauvreté, l’éducation et la santé. Un exemple éloquent est qu’en l’absence de services de sages-femmes dans leurs villages, toutes les femmes autochtones de Guyane française et beaucoup de femmes autochtones du Québec se voient dans l’obligation de quitter leur réseau familial pour aller accoucher seule en milieu urbain. Ces façons de faire sont non seulement en grande dissonance avec les modes de vie traditionnels, mais en plus sont source d’une grande détresse pour ces femmes privées de leur famille et de leur nourriture traditionnelle pendant de longues semaines dans un moment de grande vulnérabilité.
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Le cadre institutionnel québécois concernant les Premières Nations est plus étoffé que le cadre institutionnel français du fait de l’histoire géographique et politique du Canada et d’une démographie plus importante des populations autochtones. Il existe au Québec des services et des organismes entièrement gérés par les Premières Nations, comme les centres d’amitiés autochtones.
À titre d’exemple, le Quebec développe depuis plus de 60 ans des centres d’hébergement pour personnes autochtones de passage en milieu urbain pour des soins, qui permettent de briser l’isolement tout en offrant le soutien dont elles pourraient avoir besoin pour assurer la qualité et la continuité des soins reçus. Les deux visiteurs guyanais ont ainsi pu visiter le centre d’amitié du Val d’Or, reconnu pour sa gestion et son accueil exemplaire, et échanger avec son équipe.

L’ACAG entend bien s’inspirer du modèle québécois pour mettre en place un centre d’hébergement communautaire à destination des populations amérindiennes isolées. Accompagnée par les chargés d’appui de GPS et grâce à une vraie démarche participative, l’ACAG a élaboré un projet afin de répondre au mieux aux besoins de sa communauté : l’amélioration de l’accès aux droits et aux soins. L’association souhaite ainsi proposer une structure d’accueil et d’accompagnement, proche des principales administrations et établissements de santé, qui soit en accord avec leur mode de vie habituel.