La Guyane représentée à la 22e Conférence mondiale de promotion de la santé de l’UIPES

Les Conférences mondiales de l’UIPES sur la Promotion de la Santé se tiennent tous les trois ans depuis 1951. Elles ont lieu dans différentes régions du monde mais n’a pas été accueillie par un pays de l’Amérique du sud depuis celle de Buenos Aires en 1969. La diversité sociale, culturelle et politique du Brésil et de l’Amérique du sud sera examinée comme un apport pour discuter de nouvelles idées. L’expérience de la ville d’accueil Curitiba, dans la mise en œuvre de politiques intégrées de promotion de la santé, servira de contexte pour des échanges d’expériences à partir d’une perspective locale.

La 22e Conférence mondiale de promotion de la santé de l’UIPES aura lieu du 22 au 26 mai 2016 à Curitiba au Brésil. Le thème de la conférence cette année : Promouvoir la santé et l’équité. L’objectif de cet événement important, de santé publique et de promotion de la santé à l’échelle mondiale est de créer un forum où des chercheurs, professionnels et responsables politiques du monde entier, intéressés par la promotion de la santé et par l’équité, vont pouvoir partager et discuter de nouvelles connaissances, ainsi que des pratiques, politiques et expériences innovantes.

Le Guyane sera représentée à la conférence dans le cadre d’un atelier animé par GPS :

Peuples autochtones, territoires enclavés et pouvoir d’agir

Description de l’atelier

Partenaires : ACAG, ADER, GPS, IEPE, INSPQ, RCAAQ

Thème : les impératifs éthiques et culturels dans les interventions

Résumé :

L’objectif de l’atelier est d’échanger sur les expériences de renforcement du pouvoir d’agir de minorités confrontées à un faisceau de déterminants de santé défavorables, à un territoire isolé en déficit de services, voire à une discrimination historique. A partir d’actions éprouvées (Brésil et Québec) ou récentes (Guyane française et Suriname) les participants sont invités afin d’enrichir leurs pratiques, à partager leurs activités concrètes d’empowerment des Premières Nations, dans des contextes où les leviers pour améliorer le bien-être semblent complexes et hors de portée.

En Guyane, certains villages amérindiens sont très éloignés des centres urbains et desservis uniquement par voie aérienne ou fluviale. Avec le déclin de la chasse et de la pêche, notamment en raison de la taille plus importante des villages où sont implantées les écoles, les habitants n’ont pour autant pas ou peu accès au travail rémunéré. Les prestations sociales, dévalorisés et dévalorisantes, sont la norme. A cela se rajoute la pression environnementale, sanitaire et sociale de l’orpaillage illégal.

Dans les villages autochtones enclavés à la frontière avec le Suriname, le taux de suicide est supérieur à celui de la Guyane et de la France. L’association ADER y développe un programme de santé communautaire s’appuyant sur la médiation sociale et culturelle. Au niveau régional, l’Alliance Collective des Amérindiens de Guyane (ACAG) intervient auprès de la jeunesse pour l’émergence de leaders. Au Brésil et au Québec les autochtones ont leurs propres formations de professionnels de santé issus de leur rang. Le Québec développe aussi des services sanitaires et sociaux sécurisant culturellement pour les usagers, en rééquilibrant les relations de pouvoirs et les inégalités socio-économiques, culturelles et historiques, par le respect des personnes et la prise en considération de leurs réalités. La sécurisation culturelle, née en Nouvelle-Zélande, dépasse la connaissance de la culture de l’« autre », pour relativiser sa propre culture, prendre en compte les déséquilibres des pouvoirs et prévenir la discrimination institutionnelle. Elle implique nécessairement la participation des populations visées dans la formulation des besoins et des solutions à mettre en place (NCCAH 2013).

Contact :

Hélène Lamaison
Guyane Promo Santé
E-mail : h.lamaison@gps.gf