L’ANPAA propose des mesures pour protéger des risques de l’alcool efficacement

L’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie) a publié lundi 16 avril 2018 un communiqué sous forme de lettre ouverte à destination du Président de la République et de son gouvernement pour leur suggérer 10 mesures pour réellement lutter contre l’alcoolisme qui fait des ravages en France.

Les signataires de cette lettre ouverte sont des addictologues, des spécialistes de santé publique, des pneumologues, un épidémiologiste et un nutritionniste renommés.

Ils s’opposent au lobbying puissant de l’alcool en France qui « infiltre tous les niveaux de la société (…) jusqu’au plus haut niveau de l’État » et organise, selon eux, « la désinformation » et s’insurgent « de la méconnaissance voire du déni des risques encourus » dans notre pays où la consommation d’alcool est une des plus élevée au monde.

D’où une majorité de mesures préventives et d’informations dans celles proposées au gouvernement dans leur lettre ouverte.

Lire le communiqué de presse de l’ANPAA

Les 10 mesures efficaces pour protéger des risques de l’alcool

  1. Indiquer sur les contenants la quantité en grammes d’alcool et de sucre, le nombre de calories de manière claire, lisible et contrastée.
  2. Faire figurer sur les contenants et sur toute publicité pour une boisson alcoolisée un pictogramme clair, visible et contrasté marquant la contre-indication de toute consommation aux femmes enceintes.
  3. Inscrire sur les contenants et sur toute publicité pour une boisson alcoolisée la mention « l’alcool est dangereux pour la santé » de manière claire, lisible et contrastée.
  4. Interdire sur tout support toutes les mentions supplémentaires non légales du type « à consommer avec modération ».
  5. Interdire la publicité pour l’alcool conformément aux dispositions initiales de la loi Evin (interdiction de la publicité directe et indirecte dans les supports qui s’imposent à tous, forme réglementée sur tous les autres supports autorisés), et l’étendre au numérique (Internet, réseaux sociaux).
  6. Diffuser les repères de consommation de l’avis d’experts de Santé publique France et de l’Inca au travers de campagnes publiques multimédias et de tous les documents publics concernant l’alcool.
  7. Taxer l’alcool proportionnellement au contenu en grammes d’alcool et définir un prix minimum de vente par unité d’alcool pour toutes formes d’alcool.
  8. Mettre en œuvre et prendre en charge la prévention, le repérage précoce et l’intervention brève des consommateurs par les médecins, ainsi que le traitement des malades de l’alcool dans l’ensemble du système de soins.
  9. Financer une recherche indépendante par la création d’un fonds alcool abondé par les taxes sur l’alcool et sur les bénéfices des industriels de l’alcool.
  10. Publier un rapport parlementaire biennal évaluant la mise en œuvre et l’application de ces nouvelles mesures ainsi que l’application des textes existants dont les interdictions de la vente d’alcool aux mineurs, les « open bars » concernant tous les types de boissons alcoolisées, le sponsoring des soirées jeunes et toutes formes de parrainages sportifs et culturels… par des fabricants ou distributeurs de boissons alcoolisées.

La SFPF (Société Française de Santé Publique) soutient et signe la pétition lancée par l’ANPAA.
Pour ajouter votre nom à la pétition, écrire à : comm@anpaa.asso.fr en indiquant : nom, titre et fonction.