Pour un plan inceste gouvernemental, le nouveau combat d’AIVI

AIVIAIVI (Association Internationale des Victimes de l’Inceste) est une association internationale militante à but non lucratif, reconnue d’intérêt général. La volonté d’AIVI est de rassembler et de porter la parole des survivants de l’inceste qui o­nt vécu ou qui vivent encore sous le poids du silence.

Après 15 années de combat de l’AIVI, le 18 novembre 2015, l’assemblée nationale a voté pour l’insertion de l’inceste dans le code pénal sans modifier le texte voté par le sénat. Après deux siècles d’absence dans nos lois, notre société se réapproprie enfin cet interdit fondamental.
L’inceste est maintenant défini dans la loi comme une surqualification du viol et de l’agression sexuelle. Ainsi, les viols et les agressions sexuelles sont qualifiés d’incestueux lorsqu’ils sont commis sur la personne d’un mineur par 1° un ascendant, 2° un frère, une sœur, un oncle, une tante, un neveu ou une nièce, le conjoint, le concubin d’une des personnes mentionnées aux 1° et 2° ou le partenaire lié par un pacte civil de solidarité avec l’une des personnes mentionnées aux mêmes 1° et 2°, s’il a sur le mineur une autorité de droit ou de fait. Les cousins ne sont pas concernés par le texte à notre grand regret et malgré nos multiples demandes. Les peines ne changent pas. Il faut toujours rechercher l’absence de consentement du mineur.

L’inceste serait 10 fois plus fréquent que ce que l’on sait

Lors d’un colloque, Cédric Grouchka, membre du collège de la Haute autorité de santé a indiqué que l’inceste serait « dix fois plus fréquent que ce que l’on sait », selon lui il s’agit d’un « fléau de l’ombre ». Selon un sondage pour l’association internationale des victimes de l’inceste (AIVI) qui date de 2009, il serait estimé en France que près de 2 millions de personnes seraient touchées par ce type de violence sexuelle, mais ce chiffre serait sûrement sous-estimé. 90 % des agresseurs incestueux seraient des hommes, et plus de 70 % seraient les grands-pères, pères ou frères des victimes. L’inceste n’étant pas spécifiquement nommé dans le code pénal, on ne possède pas de données exactes sur le nombre de condamnations prononcées chaque année. Face à ces données alarmantes les professionnels de la santé et de la justice déplorent une forte culture de la suspicion. En effet, seulement 30 % des proches qui recevraient les aveux d’une victime préviendraient les autorités. Les autres préférant garder le secret (6 %) ou « attendre des preuves » (60 %). La parole de l’enfant abusé ne serait pas assez prise en compte (selon l’AIVI les fausses allégations ne représenteraient qu’un cas sur mille), et il existe encore de nombreux freins juridiques lorsqu’une victime se décide à parler. Selon les experts, plus de 90 % des cas d’inceste ne seraient pas protégés par le système actuel. Source questions à l’Assemblée Nationale

Le nouveau combat d’AIVI : pour un « Plan inceste gouvernemental »

visuel-plan-inceste600Après avoir posé les fondations indispensables à la naissance de la cause de l’inceste en France en pénalisant l’inceste, AIVI milite pour que la France mette en œuvre un « Plan inceste » pour lutter contre ce fléau. Selon l’OMS, il faut traiter les violences interpersonnelles, non pas comme un problème de criminalité, mais comme un sujet de santé publique. Après l’insertion de l’inceste dans le code pénal, obtenir ce plan, sera désormais le nouveau combat d’AIVI. Ce plan concernera l’inceste mais aussi toutes les formes de violences, négligences ou maltraitances commises sur les enfants. Les premières actions d’AIVI en ce sens ont déjà commencé par un nouveau sondage, une première campagne TV, la création d’un comité scientifique. Le premier rendez-vous d’AIVI au ministère de la santé a eu lieu le 7 janvier 2016 (à suivre).

Campagne TV AIVI pour combattre l’inceste

L’inceste reste le tabou ultime dans notre société car il touche au cercle familial. L’inceste fait en effet voler en éclat la famille, son image et en France l’unité familiale reste privilégiée ce qui oblige les victimes à garder le silence. Or quand on voit le nombre de Français touchés par l’inceste, il faut au contraire libérer la parole et aider à la prise de conscience du problème massif de l’inceste en France. C’est pourquoi, l’Aivi a lancé au mois de décembre sa première campagne de sensibilisation sur l’inceste afin d’alerter l’opinion.


Spot, réalisé par Laurence Dunmore (Gang Production)