Santé publique France présente les nouvelles recommandations sur l’alimentation, l’activité physique et la sédentarité

Santé_publique_France_-_logo_2016-500x299L’étude nationale de Santé sur l’Environnement, la Biosurveillance, l’Activité physique et la Nutrition (étude Esteban), menée en France en 2016, a permis d’observer la situation de l’alimentation et de l’activité physique de la population. La mise en regard avec les données de l’étude Nationale nutrition santé (ENNS), réalisée en 2006, permet de constater que les modes de consommation, les modes de vie (plus de sédentarité, moins d’activité physique chez certaines catégories de personnes) changent. Bien que la situation nutritionnelle des Français soit moins défavorable que celle observée dans d’autres pays européens, elle reste fragile, avec des inégalités sociales de santé qui perdurent :

  • Près de la moitié des adultes français sont en surpoids ou obèses (un tiers en surpoids, 17% obèses).
  • Près de 18% des enfants de 6 à 17 ans sont en surpoids ou obèses. Cette situation stagne depuis 10 ans.
  • Des inégalités sociales de santé augmentent, d’autres se réduisent du fait d’une dégradation de la consommation des personnes les plus diplômées.
  • L’activité physique des Français est encore faible et la sédentarité élevée chez les adultes et les enfants résidant en France métropolitaine. Cette situation se dégrade en particulier chez les femmes et les enfants ces dix dernières années.

Les observations de ces enquêtes de Santé publique France (SPF) réaffirment la nécessité d’une orientation vers des modes de vie et la création d’environnements plus favorables à la santé.

Des nouvelles recommandations fondées sur une démarche scientifique

En France, les recommandations sur l’alimentation et l’activité physique sont définies et diffusées par les pouvoirs publics depuis la mise en œuvre du Programme national nutrition-santé (PNNS) en 2001. Le PNNS est un plan de santé publique visant à améliorer l’état de santé de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition, entendue comme l’alimentation et l’activité physique. Ce programme a été prolongé en 2006 (PNNS-2), en 2011 (PNNS-3) et va l’être en 2019 (PNNS-4). Appelées « repères nutritionnels du PNNS », les recommandations ont été définies pour cinq catégories de populations : les adultes, les femmes enceintes, les plus de 55 ans, les enfants et les adolescents.

Depuis la création des premiers repères nutritionnels du PNNS en 2001, les connaissances scientifiques, d’une part sur les liens entre l’alimentation et la santé et, d’autre part, sur les liens entre l’activité physique, la sédentarité et la santé, ont évolué.

En 2017, le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) a publié un Rapport sur la politique nutritionnelle pour le prochain cycle du PNNS 2018-2022, suivi d’un Avis relatif aux objectifs quantifiés pour la politique nutritionnelle de santé publique. Ce rapport pointait que l’analyse des processus et résultats des trois précédents PNNS a conduit à appréhender les limites des stratégies de santé publique fondées exclusivement sur les déterminants individuels des comportements alimentaires et d’activité physique. Ces stratégies s’appuyaient principalement sur la communication nutritionnelle, et des approches purement incitatives.
Les PNNS n’ayant atteint que partiellement les objectifs fixés et les inégalités sociales de santé s’étant aggravées dans le domaine de la nutrition, le HCSP a proposé, pour 2018-2022, une politique nutritionnelle de santé publique s’appuyant sur des mesures visant la population générale avec une intensité graduée selon le degré de désavantage.

Sur la base des travaux de la HCSP et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Santé publique France a été chargée de formuler de nouvelles recommandations pour la population adulte.
Elle s’est appuyée sur un comité réunissant des compétences spécialisées en épidémiologie, prévention et promotion de la santé, information, communication, littératie, mais aussi des professionnels travaillant au quotidien auprès de la population. Différentes études quantitatives et qualitatives, menées auprès du grand public et de professionnels, ont permis d’ajuster les recommandations tout au long de leur conception.

Les nouvelles recommandations de Santé Publique France

recommandations-sur-l-alimentation-l-activite-physique-et-la-sedentariteLes nouvelles recommandations sont des messages courts, pratiques et accessibles, qui ont pour objectif d’aider la population à faire les meilleurs choix alimentaires et à adopter un mode de vie plus actif.

Les recommandations alimentaires visent à aider les consommateurs à orienter leurs choix en les informant. Elles peuvent servir de références pour l’établissement de standards nutritionnels dans différents cadres : les repas servis dans les établissements scolaires ou de soins, dans les programmes d’aide alimentaire, pour orienter l’offre alimentaire etc. Elles sont susceptibles d’avoir des répercussions sur la consommation en informant les individus.

Les recommandations sur l’activité physique et la sédentarité visent à inciter les personnes d’une part à faire davantage d’activité physique et, d’autre part, à réduire le temps passé assis dans la journée. Comme la France, de nombreux pays allient aujourd’hui des recommandations sur l’activité physique et sur la sédentarité.

Par ailleurs, les recommandations intègrent pour la première fois la question du développement durable. Depuis quelques années, certains pays tels que l’Allemagne et la Suède prennent en compte les préoccupations liées à la durabilité environnementale dans leurs recommandations alimentaires nationales. La France s’intègre désormais dans ce mouvement.

Deux niveaux de recommandations ont été élaborés :

  • des recommandations simplifiées, qui donnent de grandes orientations non quantifiées (réparties en trois groupes : augmenter, aller vers et réduire) et des recommandations détaillées pour ceux qui souhaitent aller plus loin.
  • des conseils généraux, pour encourager chacun à adopter des modes de vie favorables à la santé.

Parmi les nouveautés, les fruits à coque non salés font désormais l’objet d’une recommandation, compte tenu de leur intérêt nutritionnel, ainsi que les légumes secs et les produits céréaliers complets.

Pour tenir compte des pratiques des consommateurs, il est aussi apparu essentiel d’intégrer le Nutri-Score, développé en 2017 par les pouvoirs publics et qui peut aider au choix des produits transformés. Les recommandations intègrent pour la première fois la question de l’environnement, en conseillant d’aller vers des fruits et légumes de saison, des aliments de producteurs locaux et, si possible, des aliments bio.

Enfin, les recommandations encouragent les personnes à faire davantage d’activité physique, mais aussi à réduire le temps passé assis dans la journée. En effet, un individu peut à la fois être actif, c’est-à-dire faire du sport ou des activités physiques tel qu’il est recommandé, mais aussi être très sédentaire, c’est-à-dire passer beaucoup de temps assis et souvent de façon prolongée dans sa vie quotidienne.

Ces nouveaux messages feront l’objet d’une campagne de communication en 2019, pour permettre à toute la population d’en bénéficier.

En téléchargement : Communiqué de presse (pdf, 333.7 Ko) et Dossier pédagogique (pdf, 976.1 Ko)