Signature d’une Charte guyanaise sur la prévention de l’Ensemble des Troubles Causés par l’Alcoolisation Foetale

saf_afficheLe Syndrome d’Alcoolisation foetale (SAF), effet le plus grave de la consommation d’alcool pendant la grossesse, est reconnu comme problème majeur de santé publique et représente aujourd’hui la 3ème cause de retard mental congénital. D’après la Haute Autorité de Santé, l’incidence du SAF en France serait de l’ordre de 1,3 ‰ naissances vivantes par an. Celle de l’Ensemble des Troubles Causés par l’Alcoolisation Fœtale (ETCAF) dans les pays occidentaux serait de 9 ‰ naissances vivantes par an.
L’ETCAF est un grave problème sanitaire et social, mais aussi éducatif et judiciaire, qui touche individus, familles et sociétés à travers le monde. Il n’y a pas de quantité minimale connue d’alcool sans danger pour l’embryon et le fœtus ; ceux-ci peuvent subir d’importants dégâts cérébraux ainsi que des anomalies physiques à cause de cette exposition.

A la veille de la journée mondiale de sensibilisation au syndrome d’alcoolisation fœtale, la MILDECA et l’Inpes ont dévoilé les résultats d’une enquête sur les connaissances et la perception des risques de la consommation d’alcool pendant la grossesse. Elle révèle que la toxicité de l’alcool pour le fœtus pendant la grossesse est mal connue du grand public. Ainsi :

  • seuls 25% des Français pensent que toute consommation d’alcool, quelle que soit la quantité ingérée, fait courir un risque au bébé
  • 37% d’entre eux pensent que seule une consommation quotidienne d’alcool comporte des risques pour le bébé

Dans un contexte où les consommations d’alcool augmentent chez les femmes, les pouvoirs publics souhaitent une prise de conscience générale de cette problématique et rappellent qu’il n’existe pas de seuil de consommations en-dessous duquel la consommation serait sans risque pour le développement de l’enfant. Ils préconisent durant cette période le « zéro alcool ».

En Guyane…

A l’heure actuelle, aucune donnée relative à l’ETCAF n’a été publiée pour la Guyane française ; seul le Baromètre Santé DOM 2014 de l’INPES fait état de la consommation d’alcool dans la région.
Néanmoins, une étude « Fréquence, déterminants et conséquences du mauvais suivi des grossesses en Guyane française » réalisée en 2008 par l’Observatoire Régional de la Santé de Guyane et la Direction de la Santé et du Développement Social Guyane a montré que, parmi les 1431 femmes interrogées, près de 11% (160 femmes) disaient avoir consommé de l’alcool pendant leur grossesse dont 124 (84,35%) ayant une consommation journalière de moins de deux verres, 16 de deux verres (10,88%) et 7 plus de deux verres (4,76%). Des conseils quant à leur consommation d’alcool avaient été délivrés à 65% des femmes ayant consommé de l’alcool.

saf_affiche(2)Afin d’assurer une prévention efficace ainsi qu’une prise en charge optimale des populations présentes sur le territoire, le groupe SAF Guyane a été créé à l’occasion de la venue du Dr Lamblin, Président de SAF France, lors des Assises Amazoniennes en avril 2016.

Diagnostiquer l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale requiert une compétence pluridisciplinaire. SAF Guyane a donc sollicité les professionnels guyanais de tous champs pour constituer les différents groupes de travail. Les acteurs qui ont rejoint SAF Guyane travaillent dans les domaines médical, médico-social ou éducatif : réseau de périnatalité, associations du milieu éducatif, établissements médicaux-sociaux d’addictologie (CSAPA, Akatij), professionnels de la CTG, professionnels de santé médicaux et paramédicaux hospitaliers et libéraux, professionnels de l’ARS, de l’éducation nationale…
Les travaux des trois groupes de réflexion portent sur la prévention primaire, le réseau autour de la femme enceinte et le réseau autour de l’enfant.

Si vous souhaitez vous impliquer ou obtenir des informations complémentaires, vous pouvez contacter la délégation à l’adresse mail suivante : safguyane@gmail.com

Une Charte sur la prévention de l’Ensemble des Troubles Causés par l’Alcoolisation Fœtale

Sous l’impulsion de SAF Guyane et l’ARS Guyane, une Charte guyanaise vient par ailleurs d’être finalisée. Elle repose sur les fondements et valeurs portés par la Charte internationale, rédigée par les experts en concertation avec les familles et les décideurs politiques de 35 pays réunis à Edmonton en septembre 2013.

« A différents niveaux, dans les diverses communautés guyanaises, il est urgent de mettre en place une politique globale d’actions pour encourager à l’abstinence d’alcool pendant la grossesse et prévenir les ETCAF, encourager la recherche afin de mieux connaître l’impact de l’ETCAF au sein de la population et sur ses conséquences sociales. » [extrait de la charte guyanaise]

Elle a été présentée à toutes les parties concernées au sein de la communauté guyanaise comme un appel à des mesures urgentes pour prévenir l’ETCAF et appelle toutes les parties prenantes à s’engager dans la prévention de l’ETCAF par plusieurs moyens (sensibilisation, formation et recherche, prévention…).
Sa signature par les différentes instances est prévue le 9 septembre à 10h à l’ARS, à l’occasion de la journée mondiale de sensibilisation au syndrome d’alcoolisation fœtale. Le même jour, un stand d’information sera installé au CHAR de Cayenne de de 9h à 17h à destination des professionnels et du grand public et une réunion d’information à destination des professionnels aura lieu à St Laurent du Maroni.

SAF_cayenneEn savoir plus :

Site de l’ARS Guyane
Télécharger la Charte guyanaise
Site de Santé Publique France

Article rédigé en collaboration avec le groupe SAF