La Médiation Familiale : le choix de la créativité au service des liens familiaux

Dans la vie d’un couple, certaines étapes peuvent le fragiliser et cristalliser les malentendus, créer des mouvements contraires et aboutir à une rupture. Lorsque le couple se sépare, les personnes sont quelquefois peu enclines à dialoguer. Dans bien des cas, le manque de communication, les difficultés à exprimer ses émotions, ses revendications mènent au conflit. Comment parvenir à échanger avec l’autre sur ses peurs et ses paradoxes ? Comment parvenir à se parler, se dégager des torts et des fautes dont on s’accuse ? Comment, par exemple, s’entendre pour régler le partage de la communauté ?

Si ce couple a des enfants, comment parvenir à les préserver du conflit ? Comment s’accorder sur ses rôles parentaux ? Comment dissocier les désaccords conjugaux de ses responsabilités parentales ? Comment organiser l’autorité parentale conjointe dans la vie quotidienne, choisir entre une résidence alternée ou résidence principale, l’école, les vacances, la santé ?

Il arrive que des décisions doivent être prises concernant un parent âgé : un placement en institution, une mise sous tutelle, des soins à apporter. Chacun des enfants, devenu adulte, occupe une place singulière au sein de sa fratrie. Les choix à faire peuvent aiguiser des douleurs, raviver des tensions,, provoquer des altercations, empêchant d’agir au mieux des intérêts du parent. Quel mode d’intervention pour renouer les liens entre frères et sœurs afin d’envisager une solution apaisée ?

Un processus de restauration des liens familiaux normé et encadré

De tout temps, les parties à un conflit familial ont sollicité un tiers qu’il soit amical (famille, amis, alliés, membres de la communauté) ou professionnel (sages, instances religieuses, avocats, médecins, travailleurs sociaux, juges, psychologues,) afin d’aider à pacifier des relations, restaurer le dialogue, rétablir des liens, organiser des compromis ou trouver des solutions. Ainsi présentée, il semble que la médiation familiale ait toujours existé.

Le processus normé et nommé « Médiation Familiale » est arrivé en France au début des années 1990, importé du Québec par des professionnels de disciplines variées : psychologues, conseillers familiaux, avocats… qui dès l’origine, en établissent un Code de Déontologie. Au Canada, depuis les années 1970, le recours à la Médiation est proposé par la Justice à tous les parents qui se séparent.

En France, des professionnels du champ social s’en emparent et se forment. Dès 1995, elle est inscrite dans le Code Civil, comme un mode amiable de règlement des différents familiaux.

En 2001, les politiques publiques soutiennent la Médiation Familiale : le Ministère de la Famille crée le Conseil National de la Médiation Familiale chargé de faire des propositions pour sa promotion, sa professionnalisation et son évaluation. En 2002, la loi sur l’autorité parentale permet au juge de suspendre une procédure pour permettre aux parents d’intégrer une Médiation Familiale.

En 2003, sa formation est encadrée et un diplôme d’État voit le jour. Droit de la famille, psychologie, sciences sociales et communication, le Médiateur Familial diplômé d’État a une approche pluridisciplinaire des situations.

Pourquoi s’engager dans une médiation familiale ?

Parce qu’un conflit ouvert est beaucoup moins susceptible de dégénérer qu’un conflit fermé, la Médiation Familiale fait le pari du débat d’idées, de la communication et de la créativité, au service des relations.

Le conflit s’exprime dans un cadre sécurisé et est abordé dans sa dimension dynamique. Le cadre de la Médiation Familiale encourage à la circularité des émotions, des paroles, des ressentis. Chaque participant est soutenu dans son effort concret pour restaurer son autonomie et sa liberté de choix par le Médiateur Familial.

Par l’expression des émotions, des non-dits ainsi que la reconnaissance et la clarification des besoins de chacun, les tensions peuvent se dénouer. Reconstruire un dialogue vers une compréhension mutuelle devient alors possible.

La Médiation Familiale est porteuse d’espoir. C’est une approche vivante, humaniste et non violente des liens familiaux. Elle permet de créer un climat de confiance propice aux personnes pour envisager elles-mêmes leurs points d’accord.

La liberté des participants, l’impartialité du médiateur familial

Pour les personnes en présence, c’est une démarche volontaire, librement consentie, et strictement confidentielle.

Elle peut être initiée directement par un des membres de la famille concernée qui en aura entendu parler par un proche, ou un professionnel médical, scolaire, social,… ou sur orientation par un juge qui enjoindra aux membres de la famille en conflit de s’informer sur la Médiation.

Le professionnel est le garant du déroulement de la médiation et veille à l’équité et l’équilibre des échanges. Il ne propose pas de solutions, ni ne conseille, juge ou arbitre, et s’interdit de donner son avis. Il veille à faire clarifier les malentendus, exprimer les non-dits, mettre en évidence les besoins de chaque participant.

Facilitateur des échanges et de la communication, le médiateur familial soutient la parole, fait circuler les informations et encourage à réfléchir aux enjeux qui sont à la source du conflit. Au cours des entretiens, les participants se responsabilisent car chacun retrouve de l’estime de soi, sa place dans la relation, le droit de dire sa vérité. Les participants découvrent la possibilité de s’écouter.

Dès lors, les personnes restaurent leur capacité à agir, à envisager de nouvelles options et à rechercher des solutions concrètes, mutuellement acceptables. Elles recréent du commun et de l’équité.

La Médiation Familiale a pour vocation de rétablir une communication afin que les participants puissent envisager des solutions satisfaisant leurs besoins et leurs intérêts communs. C’est un processus de gestion amiable des conflits familiaux grâce à l’intervention confidentielle d’une tierce personne, neutre, indépendante et impartiale.

Comment accéder à une Médiation Familiale ? Quel est son déroulement ?

A tout moment, un parent ou un membre de la famille peut faire le choix de la Médiation Familiale, en s’adressant directement à un service de Médiation Familiale conventionné ou à un Médiateur Familial libéral. La Médiation Familiale se déroulera alors dans un cadre dit conventionnel. La majorité des personnes qui y ont recours sont des couples qui se séparent ou ont rompu et qui doivent trouver des ententes concernant leurs enfants.

La demande peut également émaner d’un juge et être formalisée dans une ordonnance. Demande est faite aux personnes en conflit de s’informer sur la Médiation Familiale et d’envisager d’y recourir. La Médiation Familiale s’exercera dans un cadre dit judiciaire. Cette contrainte du juge peut être une opportunité de transformation de l’épreuve traversée : dialoguer dans le respect et rechercher des solutions communes.

La Médiation Familiale peut donc avoir lieu à tout moment du conflit, en dehors, pendant ou après une procédure judiciaire. Les accords pourront être homologués par un juge.

La médiation familiale est un mode d’intervention qui vise à restaurer les liens familiaux lors de conflits interpersonnels. Elle peut concerner des parents qui se séparent, des grands-parents qui ne voient plus leurs petits-enfants, une succession difficile à régler, un couple qui a rompu et ne se parle plus, ….

Le processus de Médiation Familiale est structuré et sécurisé et se déroule par étapes, au cours de plusieurs entretiens.

Dans un premier temps, les personnes seront reçues individuellement ou séparément, en entretien d’information gratuit au sein d’un service conventionné. Le déroulement du processus de médiation, ses règles et le rôle du Médiateur leur sont présentés. Cet entretien permettra de clarifier les demandes des personnes et de recueillir leur consentement.

A l’issue de cet entretien, le processus est lancé. La Médiation Familiale se déroulera autour de 2 à 7 séances d’entretien en moyenne, d’une durée de 1h30 à 2h00. Ces séances coûtent de 5 euros à 131 euros selon les revenus des participants, lorsque la Médiation Familiale a lieu dans un service conventionné CAF qui a défini un barème et en supporte une partie du coût. Dans le cadre d’une orientation par un juge, l’aide juridictionnelle pourra être sollicitée.

La Médiation Familiale peut prendre fin à tout moment à la demande d’une des parties ou du médiateur.

Lorsque les personnes parviennent à un accord, il peut être écrit et homologué par un juge. Les personnes peuvent aussi recourir à un professionnel du droit, un avocat ou un notaire, pour finaliser juridiquement cet accord avant de le présenter au juge. Cela reste à la libre appréciation des participants.

Sur notre territoire, il existe un service conventionné proposant depuis 2008 un service de Médiation Familiale : l’UDAF dont le siège social est à Cayenne :  0594 35 28 56 – 0694 40 54 62 – udaf.guyane@wanadoo.fr. Le barème CAF y est appliqué.

Par ailleurs, des avocats recourent à la Médiation Familiale. La liste des Médiateurs Familiaux enregistrés auprès de la Cour d’Appel est à disposition dans les Tribunaux Judiciaires à Cayenne et Saint-Laurent. Leurs honoraires sont libres.

Pour en savoir plus

Une rencontre autour de la Médiation Familiale est organisée, avec le soutien de GPS, le vendredi 26 mars 2021 de 9h à 11h, dans les locaux de l’Appartement Pédagogique de GPS à Cayenne, Cité Jacarandas – Route de Mango – Bâtiment Kentia #144 – 97300 Cayenne (à côté de la CGSS et jouxtant la crèche Mo’Pitit) – Tel : 0694 92 35 44

Elle est organisée par Nathalie Pinéda, étudiante en Médiation Familiale et Christiane Ho Fong CHOY, Médiatrice Familiale Diplômée d’État. Merci de confirmer votre présence : napineda@yahoo.com

MF Mars2021

Pour en savoir plus

Article rédigé par Nathalie Pineda, étudiante, Diplôme d’État Médiation Familiale – EPE Ile de France (Paris 11eme)

Mis à jour le 15 mars 2021 à 13:04