Regard évaluatif sur notre programme « Mieux se comprendre pour Mieux grandir »

Notre projet « Mieux se comprendre pour Mieux grandir » touche à sa fin. Financé par l’ARS Guyane dans le cadre de l’appel à projets régional Fonds de lutte contre les addictions et mis en œuvre de juin 2019 à juin 2021, le projet Mieux-Mieux s’inscrivait dans l’axe 1 de l’appel à projets : Protéger les jeunes et éviter l’entrée dans le tabagisme ainsi qu’éviter ou retarder l’entrée dans la consommation d’autres substances psychoactives. 

 « Mieux-Mieux » avait pour objectif principal le renforcement des compétences psychosociales des enfants de 7 à 10 ans.

Renforcement des CPS et prévention des conduites addictives

De nombreuses données probantes internationales montrent que les interventions fondées sur les compétences sociales et émotionnelles, lorsqu’elles sont mises en œuvre de manière efficace dans les écoles, peuvent produire un large éventail de résultats positifs.

Les études et recherches montrent que les programmes de renforcement des CPS ont fait la preuve de leur efficacité dans le champ de la prévention des conduites à risques chez les jeunes tout en exerçant un effet positif sur d’autres comportements : amélioration des interactions, implication et réussite scolaires, estime de soi, bien-être mental et autres compétences sociales.

Auprès des plus jeunes, un travail sur la valorisation des compétences psychosociales (CPS) permet de limiter les prises de risques à l’adolescence. «En travaillant sur les compétences psychosociales, on sait bien qu’on ne travaille pas uniquement sur les conduites à risques liées à la consommation de produits mais on développe du pouvoir à agir, du pouvoir à décider en anticipation  à l’entrée dans l’adolescence. »

Sources : MildecaPromo Santé IdFIREPS Pays de la Loire

Des enjeux multiples dans le contexte social Guyanais

De l’amélioration du bien-être de chaque élève à l’évolution des pratiques pédagogiques, les enjeux d’un projet autour de la mobilisation des CPS dans les écoles sont forcément multiples et concernent à la fois les élèves, les enseignant.es et l’école en tant qu’institution.
Ces enjeux sont d’autant plus importants au regard des réalités guyanaises qui révèlent l’importance d’agir auprès des enfants, pour des raisons d’ordres démographique, social ou culturel. En effet, la Guyane témoigne de fortes disparités sociales qui transparaissent dans les salles de classe.

Partenaires depuis de nombreuses années, GPS et le Rectorat de Guyane, par l’intermédiaire de son service santé, se sont donc associés pour construire le projet « Mieux se comprendre pour Mieux grandir ». Le projet avait un double objectif :

  • former une équipe de référents CPS qui puisse contribuer à l’essaimage d’une culture institutionnelle autour des CPS
  • mettre en œuvre le déploiement de parcours CPS dans les établissements scolaires du 1er degré

Mobilisation des partenaires académiques

logo en sante a l ecoleEn octobre 2019, la formation de formateurs CPS a été dispensée à quinze personnes de l’Éducation Nationale par deux formatrices de l’IREPS Pays de la Loire, créateur du programme En santé à l’école et du site Le cartable des compétences psychosociales. Dix d’entre elles se sont investies de manière plus ou moins directe autour du projet, dont quatre sur le déploiement de parcours.
GPS a également pu s’appuyer sur d’autres personnes-ressources, notamment certains inspecteurs.trices académiques ou directeurs.trices d’école intéressé.es par le projet et qui ont su mobiliser leurs équipes.

Grâce au soutien de ces acteurs stratégiques, Mieux-Mieux a pu s’appuyer sur des fondations solides au niveau institutionnel.

Le programme Mieux Mieux : Plaidoyers, sensibilisations et parcours CPS en co-construction et co-animation

En amont des interventions, les chargées de projet de GPS et les formatrices de l’EN ont réalisé une dizaine de plaidoyers à destination de trois inspecteurs de l’EN et trente directeurs d’école, ainsi qu’une vingtaine de sensibilisations et de formations à plus d’une centaine d’enseignants.

Malgré certains obstacles, en premier lieu la situation sanitaire, le programme Mieux Mieux a pu être déployé dans sept écoles du territoire. Au total, plus de mille élèves de Mana, Kourou, Cayenne, Matoury, Rémire-Montjoly ont bénéficié des parcours CPS structurés en séquences pédagogiques.

CPS-3Avec huit séances programmées par classe, les formatrices de l’EN et trois chargées de projet de GPS ont accompagné en co-construction et co-animation les enseignants des 58 classes. Les séances ont été conçues sur mesure avec les équipes éducatives sur la base du « Cartable des compétences psychosociales », privilégiant un travail sur la gestion des émotions, l’empathie, la connaissance de soi  et l’estime de soi. En parallèle, l’accompagnement personnalisé de chaque enseignant a permis d’engager un travail sur la posture et l’environnement de la classe.

De manière globale, la mise en place de Mieux-Mieux dans les classes a nécessité pour les équipes pédagogiques d’expérimenter de nouvelles formes de fonctionnement qui ont permis la structuration de démarches collaboratives en interne (répartition d’un groupe d’élèves dans les autres classes, classes mélangées, implication d’autres personnels de l’école…).

Des effets positifs déjà visibles à court terme

S’il est difficile d’interroger le véritable impact de Mieux-Mieux au regard du peu de recul que nous avons depuis la fin des activités, l’évaluation externe réalisée par l’association La Critic a permis de mesurer des effets positifs immédiats sur les élèves, la classe, les enseignants et leurs pratiques.

L’évaluation montre un progrès notable dans la confiance en soi des élèves, leur capacité à s’affirmer et à dialoguer avec d’autres personnes extérieures à la classe, ceci au-delà du contexte des séances. Par ailleurs, non seulement les élèves sont en demande de séances CPS en classe, mais certains expriment le besoin de partager cette démarche et ces outils avec leurs proches et ont pris l’initiative de les introduire à la maison, dans leur famille.

Les enseignants relèvent pour leur part une meilleure compréhension de leurs élèves. Ils considèrent avoir évolué dans leur posture et leur manière d’enseigner, de résoudre des situations à problème.
Une majorité d’entre eux considèrent pouvoir continuer à mobiliser les CPS à l’avenir dans leur propre enseignement, en réalisant des ateliers spécifiques ou en développant un projet plus large. Dans tous les cas, le souhait de continuer dans cette direction est globalement partagé, avec comme volonté première d’agir dans un premier temps à son échelle, au niveau de sa classe.

À une autre échelle, les participants au projet peuvent désormais inscrire les CPS de manière transversale dans leurs pratiques pédagogiques quotidiennes et sont susceptibles de mettre en place des dynamiques collectives entre collègues, en s’appuyant sur des démarches collaboratives.

GPS restera mobilisée autour des projets d’établissement, via un accompagnement méthodologique et pédagogique, l’organisation de formations locales, et l’accompagnement de l’équipe de formateurs académiques.

Article rédigé à partir de l’évaluation « Regard évaluatif sur le programme Mieux se comprendre pour mieux grandir – Février-Juillet 2021 – Association La Critic – Julien Joanny

Mis à jour le 9 septembre 2021 à 16:06